Bunho Stories : dans les coulisses de la collection Bunho

Bunho Stories: into the making of the bunho collection


L’art du mobilier Bunho est une technique ancestrale, transmise depuis trois générations au sein des familles rurales du Portugal. À l’origine, elle offrait aux agriculteurs une solution économique pour aménager leurs maisons.

Le mobilier Bunho a connu son âge d'or entre les années 1950 et 1980 ; on le retrouvait notamment dans l'atelier d'Eduardo Chillida. Aujourd'hui, pourtant, très peu d'artisans en fabriquent encore. La pratique de cette technique est très exigeante et le travail est rarement suffisamment rémunérateur pour attirer de nouvelles vocations et assurer sa transmission.

Aujourd'hui, seuls deux artisans perpétuent ce savoir-faire, tous deux proches de la retraite. Helena, récemment arrivée dans le métier, a été formée par son maître, Sr. Manuel Ferreira. Elle est désormais l'une des rares femmes à pratiquer encore selon cette technique traditionnelle.

Elle passe de longues heures assise sur un petit banc, tenant soigneusement la pièce entre ses jambes pendant qu'elle travaille. Un récipient d'eau est toujours à portée de main, maintenant le matériau humide et ses mains moites, ce qui lui permet de lisser les joncs sans effort.

Elle travaille avec quelques outils essentiels : l' aiguille , fabriquée en acier avec un manche en bois et un trou à son extrémité pour enfiler le bunho, et la pazelha , un coin en bois utilisé pour insérer soigneusement l'excédent de paille en place.

 Le matériau utilisé est une fibre de jonc, une plante sauvage qui pousse naturellement dans les zones humides. Elle participe à préserver les sols et à purifier l’eau. Ses longues tiges vertes, lisses et élancées peuvent atteindre trois mètres de haut, ponctuées de petites fleurs en épis brun rougeâtre. 

La floraison a lieu entre juin et septembre, période durant laquelle se déroule la récolte. Une fois coupée, la plante est étalée au sol pour sécher au soleil sur ses deux faces pendant quelques jours. Elle est ensuite préparée en bottes liées par des cordes, avant d'être prête à être travaillée par l'artisan.

C’est une fibre à la fois souple, plus malléable que beaucoup d’autres, mais aussi extrêmement résistante. Le mobilier en bunho est étonnamment confortable : les assises, larges et généreuses, bénéficient du tressage du jonc qui possède un “ressort” naturel, s’adaptant subtilement au corps. On peut y rester des heures sans ressentir de points de pression.
Au toucher, les fibres sont fermes mais légèrement élastiques, offrant une surface à la fois soutenante et douce — bien loin de l’image rigide que l’on pourrait imaginer. La plupart des visiteurs s’attendent à quelque chose de dur et d’inconfortable ; ils ne comprennent vraiment son confort qu’en s’y asseyant… et en n’ayant plus envie de se relever !

Dans un monde de mobilier jetable et de consommation rapide, le bunho se distingue : il vieillit, il n’expire pas. Les fibres se patinent, le tressage s’assouplit, et la surface garde l’empreinte de chaque main qui l’a touchée.                                          Posséder une pièce en bunho, ce n’est pas seulement faire un choix esthétique : c’est préserver un savoir-faire presque disparu, un langage du geste que l’on transmet plutôt qu’on ne remplace :)

Collection Buhno